Billet d’humeur : 162 ? Non mais franchement…

Billet d’humeur : 162 ? Non mais franchement…

David (colibri vénère mais attentif) n'a pas perdu une miette de la soirée de lancement...et cela lui a ouvert l'appétit. Il n'y va donc pas avec le dos de la cuiller.

La version texte

Bon, par curiosité, j’ai écouté ou plutôt regardé le lancement de Radio 162, car maintenant l’expression « avoir un physique de radio » n’existe plus. Tout est filmé, et d’ailleurs les gens derrière le micro sont beaux. Bref j’ai donc regardé le lancement de radio 162 et voici mon point de vue.

Non mais franchement 162 ? C’est un nom ça, au moins avec Nostalgie on est fixé, on sait où on met les pieds, on sait que Francis Cabrel va sortir de sa cabane au fond du jardin et avec Radio Balises on a un repère. Mais là…162 ?! Ils sont inspirés par les 12 salopards, la 7ème compagnie, ils sont numérologues et fans d’Elizabeth Tessier ? Ça veut dire quoi 162 , Franchement ? Leurs soirées,  ça doit être d’enfer !

« Tu viens ? On se fait des chiffres et des lettres ce soir ?
– Yes trop coool et pour l’after on se mate les tirages du loto 2019 ?
– Ah surtout pense au pastis 51 et le Jet 27 ! »

Et puis par curiosité, en y écoutant de plus près, voici comment les animateurs justifient leur choix : On va vous dire pourquoi on trouve très intéressant de ne rien « faire dire » à notre nom ! On le remarque assez facilement, même au sein de notre encore petit groupe, chaque mot veut dire bien des choses pour chacun d’entre nous, si le sens est fort, le ressenti est intime ! On aimerait qu’il nous ressemble, on aimerait qu’il dise qui on est ! Mais dans la vraie vie, on ne choisit pas notre nom et, à priori, ce n’est pas sur lui qu’on fonde notre identité. Par exemple, quand on pense à quelqu’un, on pense à cette personne et son prénom nous fait vibrer ou nous crispe parce que c’est l’identité de la personne qui le porte qui nous donne la nausée ou qui met de la joie dans nos tripes !

Alors, 162 vous paraît peut-être « fade » mais c’est le numéro de l’appartement où le projet est né, c’est aussi là qu’il se construit pour l’instant. C’est un « héritage » , c’est aux personnes qui font la radio de lui donner toute sa signification, son identité, son pouvoir. Qui plus est, le 162 est une adresse, un endroit, un tiers lieu de rendez-vous.
Une adresse est un point de convergence, de rencontre. Il est le point de départ d’innombrables expériences. C’est déjà largement suffisant pour le trouver sublime non ?

Et bien soit, c’est vrai que vu comme ça, ça tient carrément la route. Non pas la 66, juste la route.

Bon le nom, je veux bien mais la programmation, Franchement !
Elle part dans tous les sens, du coq à l’âne, d’un superbe titre de Piaf, suivi de la soupe aux choux. Blasphème, Édith doit se retourner dans sa tombe, comment peut elle être acoquinée à ce nanard. c’est déstabilisant , un peu de cohérence ! bon sang. Le mélange des genres, très peu pour moi !
Pourtant, et pourtant !
La musique n’est elle pas un art mineur, comme dirait Gainsbourg ! Il n’y a pas de grande et de petite musique. Les meilleurs auteurs, les meilleurs compositeurs ne se sont pas donné rendez vous en se disant « hé les gars, on va tous faire du jazz ou éventuellement de la musique classique ». Non les talents sont partout. Être mélomane c’est aimer la musique en général, au sens large. Sans limites, sans frontières. Le bon son est partout, il n’est pas genré et on ne le met pas dans une case. Quand on sait que les styles de musique s’influencent les uns les autres, pourquoi se priver d’aller piocher des pépites à droite et à gauche.

Un peu d’audace, cassons les codes et soyons curieux !
En tous cas la curiosité, voilà la ligne éditoriale de la radio. Du moins susciter la curiosité, en ayant une attitude qui sort de l’ordinaire et attirer l’attention des auditeurs. Radio 162 a titiller la mienne.

Allez je vous laisse sur cette citation…-

« on appelle cela l'irrévérence, l'insolence, l'effronterie, l'audace, le non conformisme...Un électron qui fait bouger les lignes, qui découpent des lucarnes jusqu'à ce que les fenêtres soient suffisamment larges pour l'esprit. L'impertinence n'aura jamais été aussi pertinente. D'ailleurs...d'autres nomment aussi cela la liberté
Aude Revier
Air France Magazine N°202 Février 2014

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